Regard sur l'éducation

REGARD SUR L’EDUCATION

L’éducation est la mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement de l’être humain (Dictionnaire Le Robert).A ce propos, Jean-Jacques Rousseau disait : « on façonne les plantes par la culture et les hommes par l’éducation ».

Eduquer c’est aimer, écouter, accepter le conflit, poser des limites, conduire à l’autonomie, communiquer ses sentiments, prendre du « temps affectif », encourager et savoir demander de l’aide.

Aimer un enfant consiste à lui témoigner de l’affection (perçue par lui comme signifiante). La difficulté est d’atteindre son « niveau émotionnel », ce qui requiert une capacité d’introspection positive et de saines projections. L’enfant recevra la « quintessence parentale », ainsi projetée sur lui (pour lui). Il deviendra capable d’entendre le message espéré, celui qui traduit le mieux ses propres projections fantasmatiques idéalisées.

Dans un temps limité par la maturation du psychisme de l’enfant, les parents se doivent d’adapter leurs perceptions à cet égard. En effet, celui-ci n’est pas capable d’aimer,  à deux ans comme à dix, alors que ses parents l’aiment toujours comme un « petit » : Cela nous conduit à la notion d’écoute et de la naissance du conflit parents-enfant. Pour que l’écoute soit constructive, il faut que les parents s’adaptent à l’évolution physique et psychique de leur enfant. Il doit exister une « concordance des temps » pour que le message issu de la sphère parentale soit perçu comme une réalité par l’enfant ou, du moins, qu’il corresponde à ses projets idéalisés, lesquels (nœud gordien…), sont directement influencés par le comportement parental ! Le conflit apparaît nécessaire et utile à la construction psychique de l’enfant. Il lui permet, dans de bonnes conditions, d’opérer la distinction entre le « bon » et le « mauvais ». Il peut ainsi entrevoir que « l’idéal parental projeté » n’est pas une garantie absolue pour sa sécurité future, car elle contient les zones d’ombre inhérentes à la nature humaine. Ainsi comprise, cette situation de conflit potentiel ouvre la porte à une résolution positive.

Cependant, les parents sont tenus de se positionner devant l’attitude de l’enfant. C’est un jeu « question-réponse » où la victoire qui en résulte s’appelle équilibre des forces, réciproquement reconnu par les « belligérants ». Le conflit devient alors une source d’évolution positive pour l’enfant, dont les signes d’approbation vont rassurer les parents. Le conflit se termine bien.

Le conflit ayant été résolu (la paix ouvre les yeux), les parents s’efforceront ensuite de saisir cette opportunité pour poser des limites à l’enfant (ce qu’il devrait accepter puisque « la paix a été signée »).Cela ne va pas sans heurts, car la susceptibilité enfantine est encore sous l’emprise de son « polymorphisme comportemental », dont la fidélité aux parents risque ainsi d’être mise à mal.

 Cependant, l’enfant pourra utiliser les interdits parentaux comme bons et justes (car vécus comme tels, parce que l’équilibre affectif et relationnel a été consommé dans une perception mutuelle d’extinction positive du conflit).

L’autonomie de l’enfant pourrait signifier « laisser faire, fermer les yeux, attendre… », mais c’est un piège à double tranchant, car l’enfant devient autonome en conservant ses racines parentales.

Il aspire à la liberté, mais il a besoin de se retourner pour s’assurer que son comportement conforte les valeurs qu’on lui a transmises. Dès lors, il se trouve dans un état paradoxal (le double tranchant) :

« si je fais ce que je veux et que ça correspond à ce que j’ai reçu, tout va bien, mais si ce que je fais ne « colle » pas à ce que mes parents attendent de moi, alors je suis coupable ».

Pour se dégager de ce dilemme, la communication est une clé essentielle. Elle doit être proposée par les parents de manière adéquate afin d’emporter l’adhésion de l’enfant (pour autant que les conditions antérieures d’évolution soient réalisées).

Cela nous amène au temps affectif, terreau de la communication réelle, psychique et intellectuelle, du genre « vases communicants » parents-enfant, ce qui permet de construire le temps affectif, gage d’un nouvel équilibre et précurseur d’une ouverture positive vers l’avenir.

Encourager l’enfant devient alors plus aisé, car il va comprendre que ses parents agissent pour l’aider à surmonter les obstacles de la vie, les mêmes qu’ils ont dû franchir. Il ya là « égalité des chances », partenariat, compréhension mutuelle, acceptation réciproque, reconnaissance de l’autre. La route est ouverte. L’enfant devient libre de son choix, tout en restant débiteur de l’attention parentale.

Enfin, il arrive que la réalité ne corresponde pas aux « vœux pieux » des parents. Si l’enfant transgresse les règles admises jusqu’alors, de manière brutale ou agressive, les parents risquent de se trouver démunis pour tenter de résoudre la problématique.

S’ils en conviennent, ils doivent impérativement demander de l’aide.

Cela implique de l’humilité, de la sagesse et, surtout, une forme d’amour « sans compensation ».

L’enfant le comprendra-t-il ? Si oui, il reviendra probablement aux valeurs enseignées (éducation). Si non, il faudra bien que les parents se résignent à la perte.