Stress post-traumatique
Le syndrome de stress post-traumatique
Le PTSD est la conséquence d'un important traumatisme psychique, ayant provoqué un sentiment de peur, d'impuissance ou d'horreur. La personne peut avoir été victime ou simplement témoin de l'événement traumatisant. Elle ne peut alors s'empêcher de repenser fréquemment au traumatisme (elle subit parfois des "flashbacks"), et celui-ci ressurgit également aux travers de cauchemars. La personne tente également d'éviter tout ce qui pourrait lui rappeler l'événement traumatisant (elle évite toutes les conversations, lieux, personnes ou événements s'y rapportant). Pour qu'on parle de PTSD, les symptômes doivent avoir duré au moins un mois et provoquer une détresse et des difficultés importantes.
1. Quels sont les facteurs de risque de développer un PTSD?
- La vulnérabilité avant le traumatisme: des facteurs génétiques et environnementaux peuvent influencer la vulnérabilité au PTSD (troubles mentaux dans la famille, alcoolisme, abus d'enfant, séparation précoce d'avec les parents, pauvreté, faible niveau d'éducation)
- L'âge: les enfants sont plus sensibles aux effets d'un traumatisme que les adultes.
- importance du traumatisme: en général, plus le traumatisme est important, de longue durée ou répété, plus les risques de développer un PTSD sont élevés.
- La préparation à l'événement: moins on est préparé à l'événement, plus grand est le risque de développer un PTSD.
- La réaction au traumatisme: de manière générale, plus la personne est capable d'adapter son comportement à la suite du traumatisme et plus elle est capable de l'intégrer à sa propre expérience, moins elles est susceptible de développer un PTSD.
2. Le rôle de la mémoire dans le PTSD
En général, la personne souffrant de PTSD ne peut pas raconter l'événement traumatisant de manière complète et cohérente, ceci notamment parce que le cerveau a une difficulté fondamentale à l'intégrer dans les autres événements de la vie passée: Les souvenirs ordinaires s'estompent avec le temps, tandis que les souvenirs d'événements traumatisants gardent toute leur intensité, même après plusieurs années. C'est pourquoi le traumatisme paraît toujours être un événement récent.
Les éléments rappelant le traumatisme peuvent favoriser l'apparition des symptômes du PTSD, flashbacks, pensées intrusives et cauchemars.
Lorsqu'on est en présence de plusieurs traumatismes, l'activation du souvenir de l'un peut activer le souvenir de l’autre. Par exemple, le sentiment d'impuissance ressenti au cours d'un accident de la route peut activer le souvenir de l'impuissance ressentie durant les abus physiques ou sexuels subis pendant l'enfance.
3. la compulsion et l'évitement dans le PTSD
Les victimes de PTSD ont souvent tendance à se réexposer compulsivement au traumatisme, en faisant du mal à autrui ou à eux-mêmes (coupures, brûlures, tentatives de suicide, anorexie), ou en se plaçant dans une situation propice à une nouvelle victimisation. Ainsi les victimes de viol sont elles plus susceptibles d'être violées à nouveau; les victimes d'abus physiques durant leur enfance ont davantage de risque de subir des abus de la part de leur conjoint, et les victimes d'abus sexuels sont plus susceptibles de s'adonner ultérieurement à la prostitution.
Parallèlement l'activité principale de la victime de PTSD devient l'évitement de tout ce qui lui rappelle le traumatisme, pour éviter de s'en rappeler ou d'éprouver des sensations s'y rapportant. Avec le temps, la personne en vient à devoir éviter de plus en plus d'éléments, et ainsi à penser plus souvent au traumatisme qu'à la vie quotidienne.
Plus les émotions ressenties au cours du traumatisme sont intenses, plus se produira un phénomène de détachement émotionnel. Toutes les émotions, positives ou négatives, sont ainsi mises de côté; ce qui mène à un isolement social important, provoquant des conflits et la rupture de liens avec les personnes proches: L'alcool et la drogue peuvent être utilisé au cours de ce processus, jusqu'à devenir des problèmes autonomes.
4. De quelle manière le PTSD affecte-t-il les perceptions?
Une personne souffrant de PTSD se trouve dans un état chronique d’hyperstimulation du système nerveux. Comme en cas de panique, le cerveau reçoit un constant message de danger. L'individu y répond par une vigilance et une agitation importantes. Le stimulus le plus insignifiant peut alors provoquer rapidement d'intenses émotions négatives. La personne en vient à ne plus considérer son environnement comme sûr. Les victimes de PTSD sont constamment en état de surcharge émotionnelle; et ne peuvent ainsi pas utiliser les émotions comme signal ou guide dans le cadre d'une relation ou de la prise de décision.
Des études montrent que l'imagination a tendance à favoriser le souvenir du traumatisme. L'élimination de l'imagination est donc systématique. Et puisque l'imagination est nécessaire à la planification et à la prise en compte de différentes options, la victime de PTSD, devenant impulsive et inflexible, éprouvant de ce fait de grandes difficultés dans la vie quotidienne.
Un mécanisme de défense fréquent, surtout chez l'enfant, est de se sentir responsable du traumatisme. Les femmes se sentent ainsi souvent coupables d'avoir été violées, le sentiment d'impuissance étant remplacé par un sentiment de culpabilité. Il est en effet préférable de se sentir responsable (même faussement) que de se sentir impuissant. La vulnérabilité et l'humiliation sont souvent présentes dans les traumatismes sévères. La confiance en soi de la victime s'en trouve affectée, elle commence à se sentir inadéquate dans tous les aspects de la vie, ce qui s'accompagne d'un fort sentiment de honte.

