Définitions

TROUBLES DE LA PERSONNALITE

Le terme « troubles de la personnalité »  désigne un modèle de comportement, une manière de vivre et de ressentir les événements qui s’éloignent de manière plus ou moins nette des attentes de l’environnement socioculturel. Les personnes qui présente des troubles de la personnalité sont souvent ressenties comme des gens bizarres, des intellectuels un peu toqués, de drôles de citoyens, des contemporains désagréables qui se plaignent de la moindre bagatelle et sont désagréablement pointilleux. La plupart du temps, ils ne sont pas très souples, ont de la peine à s’adapter et à entretenir des relations. L’élément caractéristique réside dans le fait que les signes reconnus comme anormaux ne se manifestent pas seulement de manière exceptionnelle ou dans certaines circonstances précises, mais sont persistants.

L’évolution des troubles de la personnalité, au sens étroit du terme, débute dès l’enfance. En règle générale, les symptômes ne deviennent évidents qu’à l’âge adulte et touchent typiquement différents secteurs de la vie. Le diagnostic doit être réservé quant il s’agit de sujets jeunes, car il est encore difficile d’évaluer jusqu’à quel point leur modèle de comportement peut encore se modifier.

La limite entre ce qui est considéré comme « traits de caractère normaux » et  « troubles de la personnalité » ne peut pas être définie de manière très stricte. Elle se situe dans une zone :

  • où le comportement provoque des souffrances personnelles en entravant l’organisation de la vie,
  • où la personne ne reconnaît plus que son comportement s’éloigne sensiblement des attentes de l’entourage,
  • où la personne est dans l’impossibilité de changer de comportement malgré toute sa bonne volonté,
  • où il existe des dangers pour la personne elle-même et pour son entourage. Le fait de se mettre en danger ou de mettre son entourage en danger est un  signe de nombreux troubles de la personnalité comme par exemple, l’abus de drogues ou de médicaments, des automutilations, des comportements risqués au point de vue financier et ou sexuel, des troubles dans la manière de s’alimenter (boulimie, anorexie), une manière dangereuse de conduire un véhicule.

Le groupe de travail du DSM-5 recommande une définition révisée de trouble de la personnalité et un ensemble correspondant de critères généraux.

 Définition : Les désordres de personnalité représentent une difficulté de développer le sens d’une identité personnelle et d’une capacité de fonctionnement interpersonnel, adapté dans le contexte des normes culturelles de l'individu et de ses attentes.

  1. L'échec adaptatif est manifesté dans un ou tous les deux secteurs suivants :

1. Le sens d’une identité personnelle perturbée se définit par:

i.  Intégration d'identité. Sens mal intégré de l'individu ou de son identité (par exemple, sens limité de l'unité et de la continuité personnelles ; éprouve de façon décalée des états individuels ; croit que l'individu présenté au monde est une façade)

ii.  Intégrité du self-concept. Sens appauvri et mal différencié de l'individu ou de son identité (par exemple, difficulté à identifier et décrire des attributs d'individu ; sens du vide intérieur ; frontières interpersonnelles mal tracées ; la définition de l'individu change avec le contexte social)

iii. Directivité individuelle. Bas niveau de directivité individuelle (par exemple, incapacité de fixer et atteindre des objectifs personnels satisfaisants et enrichissants ; manque de la direction, de la signification, et du but à sa vie)

2.  Manque à développer un fonctionnement interpersonnel efficace comme manifesté par un ou plusieurs faits suivant :

 i. Empathie.  Capacité empathique et réflexive altérée (par exemple, trouve difficile de comprendre les états mentaux de d'autres)

 ii. Intimité. Capacité altérée d’établir des rapports étroits (par exemple, incapable d'établir ou maintenir la proximité et l'intimité ; incapacité de fonctionner comme figure significative d'attachement ; incapacité d'établir et maintenir des amitiés)

iii. Coopération. Difficulté à développer la capacité de comportement prosocial (par exemple, de développer le comportement moral socialement typique ; absence d'altruisme)

iv. Complexité dans l’intégration des représentations des autres. Intégration pauvre des représentations des autres. (p.ex. forme des images séparées et pauvres des autres personnes significatives)

B.  L’incapacité adaptative est associée avec des niveaux extrêmes d’un ou plusieurs traits de personnalité.

C.  L’incapacité adaptative est relativement stable dans le temps et différentes situations, avec un début à l’adolescence précoce.

D. L’incapacité adaptative n’est pas explicable par une autre manifestation ou une conséquence d’un autre trouble mental.

E.  L’incapacité adaptative n’est pas dû seulement à un effet direct physiologique d’une substance (abus de drogue, médication) ou à une condition médicale générale (p.ex. sévère traumatisme crânien)

 

CAUSES

  • Les dispositions héréditaires font l’objet de discussions, mais il n’a pas encore été prouvé qu’elles en soient la cause
  • Les événements vécus pendant l’enfance ou certaines expériences relationnelles n’ont pas été assimilés et intégrés de manière appropriée ; ils sont conflictuels. Il en résulte des modèles de comportement inadaptés. Les troubles de la personnalité prennent racine dans « la structure de base »de la personne. Ces troubles provoquent de graves erreurs d’appréciation, des perceptions et des idées surestimées ou illusoires.
  • Les causes organiques des troubles de la personnalité peuvent survenir au cours d’une vie et altérer la faculté de réfléchir et de penser ou l’orienter sur de fausses pistes. Exemples : les processus de dégénérescence du cerveau (en cas d’artériosclérose ou de maladie d’Alzheimer), autres maladies organiques du cerveau (encéphalite ou méningite, tumeur du cerveau, épilepsie) ou traumatisme (en particulier dans la région frontale du cerveau).

Certains psychiatres ne comptent pas les processus de dégénérescence du cerveau ou les maladies organiques du cerveau parmi les troubles de la personnalité au sens étroit du terme.

Les formes et principaux symptômes

Selon leur degré de gravité, les séquelles d’un trouble du comportement constituent souvent une gêne importante pour entrer en contact avec les autres, en réduisant la capacité de performance de la personne, sa vie professionnelle et sa qualité de vie tout en provoquant pour elle-même et pour son entourage de réelles souffrances. C’est seulement dans de pareilles situations qu’il faudrait parler de troubles de la personnalité.

Les souffrances de l’âme provoquent aussi très souvent des symptômes physiques, en particulier en ce qui concerne l’estomac et le colon ou le cœur et la circulation sanguine, sans oublier les maux de tête, les douleurs dans les membres et les souffrances nerveuses.

Que peut-on faire ? Quand faut-il consulter ?

Il faut toujours prendre au sérieux les remarques et les commentaires de l’entourage immédiat, les entretiens de qualification, la critique venant de l’extérieur. En particulier lorsque ces réserves sont exprimées de différents côtés et de manière répétée. Il faudrait se demander calmement et froidement s’il y a « anguille sous roche ».

S’il faut finalement conclure qu’il s’agit d’une maladie et que la situation est ressentie comme pesante, il est raisonnable de faire appel à une personne compétente. Cela est particulièrement valable si la mise en danger de soi ou d’autrui n’est pas à exclure. En cas de crises sérieuses et de conflits, un traitement médical spécial est indiqué, parfois même une psychothérapie en milieu hospitalier.